Opatanol® Collyre
Novartis Pharma Schweiz AG
Composition
Principe actif: Olopatadinum.
Excipients: Conserv.: Benzalkonii chloridum, Excipiens ad solutionem.
Forme galénique et quantité de principe actif par unité
Collyre, 1 ml contient 1 mg d'olopatadinum (ut olopatadini hydrochloridum)
1 goutte contient 32,6 µg d'olopatadinum.
Indications/Possibilités d’emploi
L'Opatanol est indiqué pour le traitement des symptômes oculaires de la conjonctivite allergique saisonnière chez les adultes et chez les enfants à partir de 3 ans.
Posologie/Mode d’emploi
Posologie
Appliquer une goutte d'Opatanol collyre 2 fois par jour dans le cul-de-sac conjonctival de l'œil (ou des yeux) atteint(s) (dans un intervalle de 8 heures). Le traitement peut au besoin être poursuivi jusqu'à 4 mois.
Application chez l'enfant
En pédiatrie (enfants à partir de 3 ans) Opatanol collyre peut être utilisé au même dosage que chez l'adulte.
L'utilisation et la sécurité du collyre Opatanol collyre n'ont pas été testées chez les enfants de moins de 3 ans.
Application chez les patients âgés
Il n'est pas nécessaire d'adapter le dosage chez les patients âgés.
Application dans les cas de fonction rénale ou hépatique diminuée
L'application d'olopatadine sous forme de collyre (Opatanol) chez des patients présentant des maladies rénales ou hépatiques n'a pas été étudiée. Il n'est cependant pas nécessaire d'adapter le dosage dans des cas de fonction rénale ou hépatique diminuée (voir «Cinétique dans des situations cliniques particulières»).
Mode d'application
Pour éviter toute contamination du bout du compte-gouttes et de la solution du flacon, il faut soigneusement veiller à ce que les paupières et les parties adjacentes à l'oeil ou d'autres surfaces ne rentrent pas en contact avec le bout du compte-gouttes du flacon. Bien refermer le flacon après son utilisation.
En cas de traitement simultané avec d'autres médicaments ophtalmologiques à application topique dans l'oeil, il faut respecter un délai de 5 à 10 minutes entre les administrations successives.
Contre-indications
Hypersensibilité à l'olopatadine ou à l'un des excipients.
Mises en garde et précautions
Bien qu'Opatanol collyre soit appliqué par voie topique, l'olopatadine est absorbée et disponible au niveau systémique. En cas d'apparition de symptômes graves ou de réactions d'hypersensibilité, le traitement avec ce médicament doit être interrompu.
Il est connu que le chloride de benzalkonium, qui est largement utilisé comme agent de conservation dans les collyres, peut provoquer une kératite ponctuée (Keratitis punctata) et/ou une kératite toxique ulcéreuse. Les conservateurs peuvent entraîner des irritations oculaires et colorer les lentilles de contact souples. Vu que l'Opatanol contient du chloride de benzalkonium, il est indiqué de contrôler régulièrement lors d'une application plus fréquente ou à long terme les patients présentant un syndrome de Sjögren ou des lésions cornéennes préexistantes.
Remarque pour les porteurs de lentilles de contact
Des études cliniques ont démontré que les patients peuvent sans autre remettre leurs lentilles de contact au plus tôt 15 minutes après l'application des gouttes d'Opatanol. Pendant l'application des gouttes d'Opatanol les lentilles de contact ne doivent pas être portées. Les lentilles de contact ne devraient pas être utilisées lorsque les yeux sont rougis. L'Opatanol ne doit pas être utilisé pour le traitement d'inflammations ou de rougeurs provoquées par le port des lentilles de contact.
Interactions
Aucune interaction clinique pertinente n'a été décrite. Des études d'interaction sur les humains n'ont pas été menées.
Des études in vitro ont montré que l'olopatadine n'inhibe aucune réaction métabolique liée aux isoenzymes 1A2, 2C8, 2C9, 2C19, 2D6, 2E1 et 3A4 du cytochrome P450.
Lors d'examens concernant le potentiel pro-arythmique chez le chien, on n'a pas trouvé d'interactions significatives entre l'olopatadine administrée de façon systémique et l'itraconazole, un inhibiteur du CYP3A4. Ces résultats indiquent que des interactions métaboliques entre l'olopatadine et d'autres substances administrées simultanément sont improbables.
Un traitement concomitant avec d'autres médicaments topiques dans l'œil nécessite de respecter un intervalle de 5 à 10 minutes entre les administrations successives de chacun des médicaments.
Grossesse/Allaitement
Il n'existe pas d'études cliniques contrôlées concernant l'utilisation d'Opatanol collyre chez la femme enceinte. Lors de l'exposition de rats et de lapins à des doses systémiques bien au-delà de celles de l'utilisation thérapeutique, on a observé une diminution du poids des fœtus. Aucune malformation n'est survenue. Comme pour d'autres médicaments, l'Opatanol ne devrait être administré pendant la grossesse que si le bénéfice thérapeutique justifie le risque encouru par l'embryon.
Allaitement
L'olopatadine administrée oralement passe dans le lait maternel chez le rat. Les animaux ainsi allaités par une mère recevant un surdosage du médicament ont présenté un retard de croissance. En conséquence, l'Opatanol n'est pas recommandé aux femmes qui allaitent.
Effet sur l’aptitude à la conduite et l’utilisation de machines
Comme pour touts les collyres, des troubles temporaires de la vue peuvent altérer la capacité de conduire un véhicule ou de travailler avec des machines. Si lors de l'application des gouttes la vue devient trouble, les patients ne doivent pas conduire de véhicule ou travailler avec des machines, jusqu'à ce que ce trouble de la vue se dissipe.
Effets indésirables
Au cours des études cliniques incluant plus de 2736 patients, Opatanol en monothérapie ou en association à la loratadine à 10 mg a été administré dans les deux yeux, une à quatre fois par jour, pendant une durée qui pouvait aller jusqu'à 4 mois. Environ 5% des patients sont susceptibles de ressentir des effets indésirables liés à l'utilisation de Opatanol; cependant, seulement 1,6% des patients ont du sortir des essais cliniques en raison d'effets indésirables. Aucun effet indésirable grave ophtalmique ou systémique lié à Opatanol n'a été rapporté au cours des études cliniques. Les effets indésirables les plus courants liés au traitement sont une gêne oculaire (par ex. sensation de corps étranger) avec une fréquence de 0,91%.
Les effets indésirables suivants sont apparus durant les études cliniques, et ont été classés comme suit: très fréquents (≥1/10), fréquents (≥1/100 à <1/10), occasionnels (≥1/1'000 à <1/100), rares (≥1/10'000 à <1/1'000) ou très rares (<1/10'000).
Troubles du système nerveux
Occasionnel: maux de tête, dysgeusie.
Rare: vertiges.
Troubles oculaires
Occasionnels: kératite ponctuée, kératite, douleur oculaire, sécheresse oculaire, œdème de la paupière, écoulement oculaire, hyperémie oculaire, blépharite, gêne oculaire.
Rare: photophobie, vision floue, érythème de la paupière.
Organes respiratoires
Occasionnel: sécheresse de la muqueuse nasale.
Tractus gastro-intestinal
Rare: sécheresse buccale.
Troubles cutanés
Rare: dermatite de contact.
Troubles généraux
Occasionnel: fatigue.
Les effets indésirables liés à Opatanol qui ont été mis en évidence après la commercialisation et non pas sur la base d'essais cliniques sont décrits ci-après. Les fréquences de ces effets indésirables ne sont pas connues et ne peuvent pas être estimées à partir des données disponibles.
Système immunitaire: hypersensibilité.
Yeux: augmentation du larmoiement.
Tractus gastro-intestinal: nausées.
Surdosage
Il n'existe pas de données relatives à un surdosage consécutif à une prise intentionnelle ou accidentelle du médicament chez l'homme. L'olopatadine n'a qu'un effet modérément toxique sur l'organisme animal. La prise par inadvertance d'un flacon d'Opatanol par voie orale peut entraîner l'absorption systémique de 5 mg d'olopatadine au maximum. En admettant une résorption à 100% du médicament, il en résulte une dose de 0.5 mg/kg pour un enfant de 10 kg.
Un allongement de l'intervalle QTc a été observé chez le chien, mais seulement à des dosages de loin supérieurs au dosage maximal chez l'homme, ce qui est de moindre importance pour l'application clinique.
Une dose de 5 mg a été administrée deux fois par jour par voie orale pendant 2,5 jours d'affilée chez 102 sujets jeunes et plus âgés, féminins et masculins, sans que l'intervalle QTc ne se prolonge comparé au groupe traité par placebo. Néanmoins, il convient de surveiller et de prendre en charge un patient après une absorption accidentelle de la substance active.
Propriétés/Effets
Code ATC: S01GX09
Mécanisme d'action/Pharmacodynamique
L'olopatadine est un antiallergique/antihistaminique sélectif à action topique. Il agit de façon rapide et durable. In vitro, l'olopatadine agit directement sur les mastocytes en inhibant la libération de médiateurs pro-inflammatoires induite par les anticorps IgE. Cette inhibition in vitro dépend de la concentration du médicament (IC50 = 559 µM).
L'olopatadine est par ailleurs une substance antihistaminique sélective. Elle inhibe l'effet de l'histamine (premier médiateur de la réaction allergique chez l'homme) dans les tissus ciblés. L'olopatadine n'a pas d'effet significatif sur les récepteurs adrénergiques, dopaminergiques ou muscariniques.
Olopatadine empêche la production de cytokines pro-inflammatoires dans les cellules épithéliales de la conjonctive. Cette inhibition est apparue à des doses d'olopatadine plus faibles que son potentiel antagoniste H1 ne le laissait supposer.
Une étude contrôlée a démontré que l'Opatanol ne provoque pas de modification significative du diamètre de la pupille.
On n'a pas observé d'allongement de l'intervalle QTc chez 102 sujets jeunes et âgés des deux sexes dans une étude cross-over à deux bras lors de l'administration orale de 5 mg d'olopatadine deux fois par jour pendant 2.5 jours. Aucun individu n'a présenté d'allongement de l'intervalle QTc comparé au groupe traité par placebo. Les concentrations plasmatiques d'olopatadine les plus élevées dans le steady-state (35 à 127 ng/ml), sans influence sur la repolarisation cardiaque, sont au moins 70 fois plus hautes que lors de l'application topique d'olopatadine.
Pharmacocinétique
Absorption
L'olopatadine est résorbée de façon systémique, mais cette résorption reste très faible lors de l'application topique.
Distribution
Dans deux études incluant en tout 24 sujets, l'application de gouttes d'olopatadine à 1.5 mg/ml deux fois par jour dans les deux yeux pendant 2 semaines a résulté en des concentrations plasmatiques de la substance de départ situées le plus souvent en-deçà du seuil de détection (<0,5 ng/ml). On a trouvé des échantillons où l'olopatadine était quantifiable typiquement dans les deux premières heures après l'application, avec des taux de concentration variant entre 0,5 ng/ml et 1,3 ng/ml. Ces valeurs sont de 50 à 200 fois inférieures aux taux de concentration obtenus après une administration orale bien tolérée.
Métabolisme/Elimination
Des études pharmacocinétiques avec une administration orale d'olopatadine ont résulté dans des durées de demi-vies plasmatiques de 8 à 12 heures et ont montré que l'élimination se fait principalement par voie rénale. Environ 60-70% de la dose se retrouve sous forme inchangée dans l'urine. Deux métabolites, les liaisons mono-desméthyle et N-oxide, sont éliminés en faibles concentrations (<2% de la dose) dans l'urine.
Cinétique dans des situations cliniques particulières
Fonction rénale et hépatique diminuée
Vu que l'olopatadine est éliminée principalement sous forme de substance active inchangée dans l'urine, sa pharmacocinétique est modifiée en cas d'insuffisance rénale. Chez des patients non-dialysés avec une fonction rénale diminuée (clearance de créatinine(CLCR) 13.0 ± 11.5 ml/min), la prise orale de 10 mg d'olopatadine a résulté en une augmentation des paramètres Cmax, T½ et AUC0-Inf qui étaient resp. 2.3×, 1.3× et 8.3× plus élevés que chez l'adulte sain. On a pu établir une corrélation positive entre la CLCR et la clearance rénale (CLR) ainsi qu'avec la clearance totale (CL/F). Chez les patients hémodialysés (sans production d'urine) l'AUC0-Inf du jour d'hémodialyse était plus bas que celui du jour sans hémodialyse, ce qui tend à signifier que l'olopatadine est éliminée par l'hémodialyse.
Dans une étude comparative avec des sujets jeunes (âge moyen 21 ans) et âgés (âge moyen 74 ans), la CLR dans le groupe des sujets âgés était significativement plus basse (7.52 ± 2.18 l/hr comparé à 14.4 ± 2.20 l/hr). Bien que la clearance rénale corrélée avec la CLCR, la CLR était significativement plus élevée que la CLCR, ce qui indique une sécrétion tubulaire rénale. En ce qui concerne les paramètres Tmax, T½, MRT, Vdbeta, la liaison aux protéines ou les pourcentages respectifs de substance inchangée et de métabolites dans l'urine, il ne s'est pas trouvé de différence significative. Dans une étude analysant l'application répétée (10 mg 2× par jour sur 6 jours), on n'a pas trouvé de différence significative chez les sujets âgés entre l'AUC0-Inf après administration unique et l'AUC dans les intervalles de dosage suivants.
Vu que toutefois les concentrations plasmatiques après l'application topique d'olopatadine sont de 50 à 200 fois plus basses qu'après une administration orale bien tolérée, il n'est pas nécessaire d'adapter le dosage chez les patients âgés ou présentant une insuffisance rénale. Le métabolisme hépatique ne contribue que peu à l'élimination. De ce fait une adaptation de la posologie dans des situations d'insuffisance hépatique n'est pas nécessaire.
Données précliniques
Des essais in vitro et in vivo effectués avec de l'olopatadine n'ont pas laissé entrevoir de risque mutagène ou cancérigène. Des études de toxicologie reproductive ont montré à des surdosages systémiques et lors d'une toxicité maternelle une légère diminution de la nidation avec un nombre réduit de corps jaunes. On n'a pas observé d'effets embryotoxiques ou tératogènes. Les petits de lapins et de rats, dont les mères étaient traitées par des surdosages d'olopatadine, ont présenté un retard de croissance. Ils ont absorbé le médicament par le lait maternel.
Des études in vitro avec de l'olopatadine ont montré un faible potentiel d'allongement de l'intervalle QT. Des essais chez des chiens, à qui on a fait ingérer une quantité d'olopatadine correspondant à plus que le contenu d'un flacon entier, ont démontré un léger allongement de l'intervalle QT.
Remarques particulières
Incompatibilités
Pas connues.
Conservation
L'Opatanol peut être utilisé jusqu'à 4 semaines après la première ouverture du flacon. Le médicament ne peut être utilisé que jusqu'à la date d'expiration «EXP» indiquée sur le flacon.
Conserver l'Opatanol à température ambiante (15-25 °C).
Numéro d’autorisation
56175 (Swissmedic).
Présentation
Opatanol collyre: Flacons compte-gouttes à 5 ml en matière synthétique (B)
Titulaire de l’autorisation
Novartis Pharma Schweiz AG, Risch; Domicile: 6343 Rotkreuz.
Mise à jour de l’information
Février 2016.